Prix national de poésie
pour les aînés(es)

Marc-André Villeneuve

 

puisque l’aube     chaque fois
abandonne la nuit
et la regarde mourir
ainsi dois-je céder
mes étreintes les plus chères

si quelque part
la courbure indécente du vent
s’éprend longuement d’une épaule
et si au sommet de l’air     parfois
perdure l’écho des jours
de porte en porte
de falaise en falaise
l’ombre efface à peine quelques rides

neige après neige après neige
le regard n’existe plus
me voilà confiné à une clarté intérieure
tout aussi périssable que la nuit

si     à l’heure de la pauvreté
l’oiseau en son vol me survivait
saurais-je ne plus penser à vous

Marc-André Villeneuve, finaliste