Prix national de poésie
pour les aînés(es)

Gaétane Daudelin

 


« Il est des mots qui peuvent tuer.

Mais il est aussi des silences
qui finissent par avoir notre peau. »
                                     Louise Dupré

Au bout de tes jours tristes
la lueur ne s’allume plus
déjà le ciel épuise ses ombres
étreint ton cœur fragile
ta peur, plus grande que ta détresse
s’est creusée une place entre tes os
jusqu’à la brûlure
surtout, ne pas ajouter à la turbulence des vents
ne rien attendre des saisons qui défilent

pourtant tu dis tout      jusqu’à la honte
fantômes en errance, petites morts, trahisons
même le désir noyé sous le lit
et cette douleur, intacte sous ta peau

au seuil de la nuit
ton cri perce le silence
avant que ton âme
ne s’éteigne à jamais.

Gaétane Daudelin, finaliste