Prix national de poésie
pour les aînés(es)

Ginette Bédard

 

BROUILLARD

je marche dans le brouillard de l’aube
la brume opaque palpe mon front
pacifiant la brûlure de la nuit hostile

j’avance anonyme, ignorée
protégée par l’épaisse nuée
le rideau parfois se déchire
vaillante percée du soleil naissant
brûlot fugace vite éteint par une traînée laiteuse

les arbres émergent un à un de la blancheur du jour
dignes sentinelles au garde-à-vous
haie d’honneur compagne de mon errance

mes pensées s’égarent vers toi
mes pas étouffés scandent ton nom
ton visage s’impose à moi

tu sembles là, à s’y méprendre
toucher ta joue rien qu’une fois
mais déjà tes traits s’estompent
je te perds…

… et je t’ai perdu

Ginette Bédard, finaliste