Reine MacDonald

Prix national
de poésie pour les aîné(e)s


Un autre hiver

L’hiver s’impose   s’impose froid
tout se décide    là    maintenant     dans l’antre de bois rond
l’âtre parle de feu     de feu nécessaire
la clarté s’en retourne    trop tôt    beaucoup trop tôt
ce n’est pas l’heure     pas encore l’heure
juste un entracte     un entracte sombre    la nuit attendra
Le loup hurle    solitaire
dans la gorge encrassée de la cheminée brûlante
les vitres frissonnent    s’agrippent     vieillissantes    aux châssis squelettiques
le givre s’incruste    immobile     sur leur transparence
le vent     celui du nord
souffle un blanc calfeutrage     sur les champs balafrés
les murs emboîtés     obligés d’angles
répètent le bien-être     derrière les portes closes
lorsque l’horloge dira le temps     le temps qui change
les restes de clarté    pâliront    mourront de leur belle mort
le temps perdu d’avance    ira rôder ailleurs
l’horizon reviendra
quelqu’un devra l’attendre
l’hiver s’impose froid 


Reine MacDonald, 2e Prix