
Le poète François Guerrette reçoit
le Prix Félix-Antoine-Savard de poésie 2011
Le Festival International de la Poésie est très heureux d’annoncer que le Prix Félix-Antoine-Savard de Poésie 2011 est remis à François Guerrette pour la suite poétique Pleurer ne sauvera pas les étoiles parue dans la revue Estuaire no : 144. M. Guerrette recevra une bourse de 250 $ et un coffret de 100 feuilles de papier Saint-Gilles.
« Il est grand temps de rallumer les étoiles » écrivait Guillaume Apollinaire au siècle dernier. François Guérette considère, lui, que « pleurer ne sauvera pas (ces) étoiles », dans une séquence de 8 textes fortement structurés, tout à la fois provocateurs et inspirants.
Guérette prend conscience bien que « depuis Galilée Moïse Maurice Richard (…) le réel est mixture de blessure et de pus » (p. 27), que « les gens heureux s’entretuent pour la beauté les plus libres demeurent enfermés » (p. 31). En ce monde où la vie devient « grand totem à dévaliser » (p. 28), Guérette se déclare d’emblée (en s’excusant) « déviant de la vie prisonnière » (p. 24), éprouve « le besoin prodigieux de parler sale avec les vrais anges » (p. 23), attendant même qu’on (l’) « accuse de voler la foudre pour la rendre aux fous » (p. 25). Irrévérencieusement, il se demande si les dieux « ont comme les bêtes un code génétique assez long pour se pendre aux étoiles sans pleurer » (p. 26).
Quoi qu’il en soit, souffrant et tremblant, le poète « rend par la bouche » (et le texte) ses « caillots de lumières » (p. 24), devient éclair et foudre (p. 24, 25), « pond des œufs de papier » (p. 26), « murmure du pur gaz d’avion » (p. 26), « fait du feu pour s’approcher du soleil (refusant) de briller pour le plaisir » (p. 26), communiquant par devoir « à coups de machettes » (p. 27).
Parlant « à voix rouge » (p. 24) dans ses « rêves de grandeur » (p. 24), convenant « qu’après le bip il faut tout dire » (p. 26), apprenant à la dure « que s’achève en (lui) la danse des espèces » (p. 29), le poète « entre dans l’œuvre qui dort » (p. 25), à la fois solitaire « jusqu’aux dents, je flambe seul » (p. 31) et solitaire « épouvantail au milieu des paysages déchirés (tremblant) en voyant (sa) vaillante époque de tondeuses à gazon à la dérive » (p. 31).
Dans ce texte percutant, sans se prendre pour un messie « je dégénère marionnette à l’ouvrage » (p. 27), François Guérette nous montre à sa façon que si « pleurer ne sauvera pas les étoiles », il demeure que nos rêves, nos murmures, nos chants et nos cris nous aident à raviver et percevoir les étoiles, encore et toujours, même dans nos nuits les plus noires.
N’est ce pas là, en quelque sorte, « la foi du braconnier »* de songes qui perdure et veille, d’un siècle à l’autre, d’un millénaire à un autre, chez bien des poètes ?
*Titre du roman : de Marc Seguin paru chez Lemeac
Ce prix a été créé en octobre 1996 par le Festival International de la Poésie, le Centre Félix-Antoine-Savard et la Papeterie Saint-Gilles de Saint-Joseph-de-la-Rive à l'occasion des fêtes du 100e anniversaire de la naissance du poète (1896-1996). Décerné annuellement lors des cérémonies d'ouverture du Festival International de la Poésie, ce prix vise à honorer, tout en les respectant, la mémoire, l'esprit et l’œuvre poétique de cet écrivain. Le jury était composé de Mario Cholette, poète, André Barette, poète, et présidé par Isabelle Forest, poète.
Présenté par Quebecor, le Festival International de la Poésie est rendu possible grâce à la participation des ministères de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, du Tourisme, du Conseil des arts et des lettres du Québec; de Patrimoine canadien; du Conseil des arts du Canada et de la Ville de Trois-Rivières. La 27e édition du Festival International de la Poésie se déroulera du 30 septembre au 9 octobre 2011.