L'auto-poésie de Marie-Andrée Brouillard

« Il y en a qui paient pour ajouter un aileron. Moi j’ai payé pour circuler avec 51 extraits de poèmes collés sur ma nouvelle voiture achetée l’année dernière ». Marie-Andrée Brouillard affiche fièrement sa passion pour la poésie. Sa nouvelle voiture est devenue l’auto-poésie. Elle a choisi 50 femmes poètes et qu’un seul homme! « Je voulais surtout des femmes. Elles ont influencé particulièrement ma vie. Leur poésie me rejoint davantage dans ce cas ». 

Malgré tout, cette employée du CHUM à Montréal préfère circuler en vélo pour se rendre au travail. Stationnée dans les rues,  l’auto-poésie se transforme en vitrine-poésie. « Bien sûr que les gens s’arrêtent pour lire la poésie! Hier soir à Trois-Rivières, des jeunes ont « trippé » en voyant l’auto. Ils prenaient des photos avec leur cellulaire. Ils trouvaient ça cool » raconte-t-elle avec fierté. 

L’audace de madame Brouillard trouve ses complices : les automobilistes lisent avec curiosité Clémence Desrochers, Martine Audet, Andrée Lacelle, Marie Uguay, Janick Belleau, Monique Bosco et continuent leur route. Une fois volés du regard, les mots prennent de la vitesse et gagnent d’autres lecteurs ambulants. « Quand les gens lisent les extraits de poèmes sur ma voiture, une paix soudaine s’installe autour de moi. » Une sensation peu commune de contribuer au bien-être d’autrui…

Marie-Andrée Brouillard trouve extraordinaire de véhiculer la poésie.  Cette adepte du Festival international de la poésie de Trois-Rivières a choisi la couleur bleue pour ses extraits de poèmes. « J’ai choisi la couleur d’encre des plumes réservoir. Un rappel de l’écriture manuscrite du temps de ma jeunesse ». Avant de reprendre la route pour Montréal,  la propriétaire de l’auto-poésie avait déjà des idées pour la prochaine voiture. « Pas encore précis pour le moment mais les réactions des gens m’indiquent qu’il faut faire quelque chose ».

Et qui est le seul poète masculin du groupe à prendre l’air avec 50 femmes sur les routes du Québec?

Hector de Saint-Denys Garneau.

Bon voyage madame Brouillard !